DHEA
LA PILULE DE JOUVENCE !
Les questions qui se posent

Qui a découvert

la DHEA ?

C'est le professeur Etienne-Émile Beaulieu, spécialiste des hormones, mondialement reconnu, qui mit en évidence le premier, vers 1960, son mode de production par les glandes surrénales sous forme de sulfate : glandes qui se trouvent au-dessus des reins, qui commandent notamment la sécrétion de cortisone.

Qu'est-ce que

la DHEA ?

La DHEA est une hormone naturelle produite dans l'organisme, donnant lieu aux hormones sexuelles.
Son nom scientifique est : la déhydroépiandrostérone.
Le taux de DHEA chez chaque individu est variable. Il baisse en vieillissant.

Pourquoi une pilule

anti-vieillissement ?

En 1995, le professeur Beaulieu découvre que la synthèse de la DHEA démarre vers l'âge de 7 ans, atteint son taux maximum vers 25 ans puis décline progressivement avec l'âge. D'où l'idée de l'utiliser comme molécule du bien-être ches les personnes âgées.
Il se révèle qu'un nouveau concept est né, totalement fantasmatique, cette molécule miracle empêcherait le vieillissement. C'est faux.

Les effets

secondaires

Pilosité accrue, peau grasse, éventuelle survenue d'acné... L'administration de DHEA augmente les taux de testostérone, hormone sexuelle mâle connue pour entraîner ce type de manifestations cutanées. La DHEA est donc plutôt indiquée pour les personnes âgées qui ont la peau sèche et non pour les jeunes adultes.

Les contre-

indications

Les risques présumés concernent les cancers hormono-dépendants : cancer du sein ou de l'utérus pour la femme et cancer de la prostate pour l'homme. Il est déconseillé d'associer un traitement hormonal substitutif (souvent prescrit après la ménopause) et la DHEA, afin de ne pas risquer un surdosage en œstrogènes.

À quel âge peut-on

prendre de la DHEA ?

Il n'est pas très utile d'en prendre avant 40 ans, tant que la DHEA est correctement synthétisée par l'organisme. Le taux de l'hormone peut être contrôlé avant prescription ou pendant le traitement, mais ne se révèle pas très utile... Le bilan hormonal revient environ à 200 F. Il est pris en charge par la S.S.
Combien ça coûte ? Une dose modérée de 50 gr par jour pendant un an, permet, selon l'étude coordonnée par le Pr Françoise Forette et le Pr Beaulieu, de rétablir le taux normal d'un adulte de 25 ans. C'est à cette dose qu'un effet significatif a été observé sur les femmes traitées, y compris sur leur libido.
Une cure de 25 mg/jour ou 50 mg/jour coûte entre 60 et 300 Frs en fonction des pharmacies, les prix étant libres.

Qu'est-ce que

la DHEÂge ?

C'est l'étude qui a été menée auprès de 280 patients hommes et femmes, en double aveugle avec placebo pendant un an par le Pr Forette et le Pr Beaulieu. Elle a démontré que la compensation en DHEA avait une action modérée mais significative sur la densité osseuse, et une action sur la libido, mais uniquement sur les femmes de plus de 70 ans. Une telle action n'a pas été observée chez les hommes.
Il y a enfin un effet très modéré sur l'aspect de la peau : amélioration de l'hydratation, diminution du jaunissement et augmentation de la production de sébum.
Reste à analyser : l'effet sur les fonctions immunitaires, intellectuelles et musculaires.

 

Le flou quant au statut de la DHEA
Cooper, un laboratoire connu et renommé, a commercialisé officiellement la DHEA, depuis la première fois en France, en grande quantité : plusieurs centaines de kilogrammes par an. Cooper est le plus gros importateur français de matières premières à usage pharmaceutique. Mais en fait, la DHEA était déjà en vente libre depuis 1 an.
L'afssaps -Agence française de la sécurité sanitaire des produits de santé- a délivré une autorisation timide aux pharmaciens pour fabriquer et vendre la DHEA sous forme de préparation magistrale ; ce qui signifie fabriquer eux-mêmes les gélules sur prescription médicale.
Les consommateurs voulant rajeunir à tout prix se sont empressés de la demander à leurs médecins. Les autorités de santé l'autorisaient sans vraiment l'autoriser, oscillant entre les demandes expresses des patients et les lourdeurs administratives. La situation n'est pas claire : il est interdit d'importer de la DHEA en gélules, mais il est permis de l'importer en vrac. Les médecins ont le droit de la prescrire mais l'Ordre recommande de ne pas le faire mais précise qu'aucune sanction ne sera retenue contre eux ! Les pharmaciens sont responsables de la qualité du produit et ont l'autorisation de la vendre mais les contrôles réglementaires ne peuvent pas être techniquement pratiqués en officine ; alors ils s'en remettent donc à la bonne foi de leur fournisseur !

Pourquoi ?

Parce que la DHEA n'a pas encore de statut défini en France. Aux USA, la FDA (Food & Drogs Administration) a obtenu que la DHEA rentre dans la catégorie des substituts alimentaires pour pouvoir échapper aux règles de diffusion des médicaments si elle était considérée comme hormone. Dans la plupart des pays européens, on la considère comme hormone, sauf en France, où elle n'est encore ni l'un ni l'autre. Comme c'est une molécule naturelle, les laboratoires tardent à demander une autorisation de mise sur le marché ; coûts trops élevés, rentablitilité trop faible.

Le problème, c'est que le français est un roi de l'automédication et tente de se procurer la pilule miracle sans passer par les cabinets médicaux. Le seul avantage réside dans le fait qu'ils peuvent se la procurer en France, sans aller la chercher à l'étranger, évitant ainsi le risque de se faire berner. Par contre, la poudre vient de Chine, obtenue à partir de végétaux, ou d'Inde. L'absence de détails sur le mode d'extraction et la voie de synthèse n'exclut pas la présence d'impuretés. Les contrôles ne sont pas effectués à la base. Ils n'ont pas la garantie qu'offre celle pratiquée sur les vrais médicaments...

 

Où en sommes-nous ?

Bernard Kouchner, Ministre délégué à la Santé, a demandé à l'Afssaps une étude permettant, entre autres, de définir le statut juridique de la DHEA. L'Afssaps s'est réunie le 3 juillet 2001 pour évaluer les données expérimentales, cliniques et épidémiologiques actuellement disponibles.

Brêves conclusions :
- lutte contre le vieillissement : preuves de son efficacité insuffisantes,
- sécurité : à moins de 50 mg par jour, pas d'effets cliniques majeurs remarqués, sauf le risque de maladie cardio-vasculaire et de cancers hormonodépendants.

Conclusion : la DHEA nécessite une prescription et une surveillance médicales.

Pour en savoir plus: http://www.afssaps.sante.fr
(taper DHEA dans la fenêtre recherche directe en haut à droite)

source : medisite.fr - afssaps.sante.fr